Newsletter 08/11

Kader Asmal, un démocrate exigeant

La disparition de Kader Asmal, ancien ministre de Nelson Mandela, le 22 juin dernier, à l'âge de 76 ans, est celle d'une figure de proue de la nouvelle Afrique du Sud.

Avocat, professeur de droit, il s'illustra durant son exil, en créant le comité anti-apartheid d'Irlande, et par ses plaidoyers rigoureux en faveur de la démocratie. Il fut l'un des architectes de la nouvelle constitution sud-africaine. Orateur talentueux et doué d'un grand sens de l'initiative, il excella dans ses fonctions de ministre de l'Eau et des Forêts (1994-1999) et de ministre de l'Éducation (1999-2004). Il restera ensuite engagé, n'hésitant pas à critiquer les initiatives lui paraissant attentatoires aux droits fondamentaux. En dernier lieu, il s'opposa au projet de loi, actuellement en débat, sur la protection de l'information.

Kader Asmal, alors qu'il était ministre de l'Éducation, avait introduit le colloque organisé, à Paris, à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 1999, par le Comité Français pour l'Afrique du Sud.

L'amplification nécessaire du rôle de l'ONU

Les grandes impulsions sur les questions internationales les plus importantes ont été données, ces dernières années, par les Nations Unies.

Des concepts largement élaborés en son sein, comme ceux du développement durable ou de la responsabilité de protéger les populations menacées, façonnent progressivement l'évolution de la communauté internationale.

Par ailleurs, l'action de la Cour pénale internationale, créée sous l'égide de l'ONU, est un immense progrès.

Dans le même temps, il est constaté d'une part la présence d'une diplomatie traditionnelle notamment autour du G 8 évoquant les conférences internationales qui ont marqué le XIXe siècle et d'autre part des opérations militaires conduites par de grandes puissances préalablement autorisées par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Il serait préférable d'amplifier le rôle de l'ONU dans le domaine diplomatique et du développement économique et social, et de mettre en place, pour les situations de crise et d'atteintes graves aux droits de l'homme, une police internationale dépendant exclusivement des Nations Unies.

Les travaux du CFAS auprès des organes de l'ONU

En sa qualité d'ONG avec statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, le Comité Français pour l'Afrique du Sud a apporté sa contribution à travers trois déclarations écrites qui ont été publiées, au cours de la période 2010-2011, sur les thèmes suivants :

  • - Développer les services d'intérêt général dans le domaine de l'éducation, du logement et de la santé en période de crise
  • - Coopération internationale et Internet (décembre 2010)
  • - Objectifs et engagements en matière d'éducation (mai-juin 2011)

L'Afrique du Sud hôte du 21ème forum économique mondial sur l'Afrique

Le 21ème forum économique mondial sur l'Afrique, un événement majeur pour l'économie du continent africain, s'est tenu au Cap du 4 au 6 mai, en présence du Président ZUMA et de plus de 900 congressistes, parmi lesquels des chefs d'État et de gouvernement de plus de 60 pays.

Le thème central du Forum était : « L'Afrique : De la vision à l'action. ».

Il a offert aux entreprises, aux gouvernements et à la société civile d'étudier les possibilités et les risques pesant sur le continent africain.

À l'occasion de ce Forum, Ernst and Young a publié une enquête très intéressante, faisant notamment apparaître qu'avec 4,5% des investissements directs étrangers (IDE) en 2010, les pays africains attirent moins que la Chine ou l'Inde, mais davantage que la Russie et le Brésil.

Après la restitution à l'Afrique du Sud de la « Vénus hottentote », la France restitue une tête tatouée Maori à la Nouvelle-Zélande.

Le 9 mai 2011, la ville de Rouen, à l'issue d'une démarche de plusieurs années a pu restituer, selon ses vœux, une tête tatouée Maori qui était détenue dans son Museum d'histoire naturelle depuis 1875. Auparavant, à l'initiative de sénateurs, une loi avait dû être votée en 2010.

Une cérémonie traditionnelle conduite par des représentants du peuple Maori a précédé ce geste de restitution sollicité par la Nouvelle-Zélande.

Le Comité Français pour l'Afrique du Sud, qui avait soutenu cette demande, était présent.

Aujourd'hui un texte général devrait s'appliquer à toutes les restitutions de restes humains.

Ainsi, le Code civil français, qui reconnaît le principe du respect du corps humain après la mort (article 16-1-1), aura à intégrer une disposition sans ambigüité pour lever définitivement les obstacles qui pourraient encore substituer.

Les universités d'Afrique du Sud

Depuis 2004, les universités d'Afrique du Sud sont regroupées au sein de trois grandes catégories: les universités traditionnelles, les plus anciennes, les universités de technologie et les universités à compétence générale.

Au total, existent 23 universités dont 11 relèvent des universités traditionnelles. La gouvernance, la mission et les objectifs des universités ont été redéfinis par une nouvelle loi en 1997 (Higher Education Act).

Les outils électroniques offerts par Internet sont largement utilisés dans l'enseignement supérieur et ont été favorisés par la loi de 2002 sur les communications et les échanges électroniques.

À cet égard, l'Université d'Afrique du Sud (UNISA), à compétence générale, la plus importante du pays avec plus de 200.000 étudiants, délivre des enseignements presque exclusivement à distance et possède une incomparable bibliothèque virtuelle.

Toutes les universités ont un programme international d'échanges. L'UNISA, en particulier, organise des échanges avec 24 pays incluant en France, 5 universités. Aujourd'hui, le nombre d'étudiants en Afrique du Sud s'élève à plus de 735.000. Parmi, les universités traditionnelles, l'université du Cap (UCT), créée en 1829, est la plus ancienne. 25.000 étudiants y sont inscrits.

L'université de Stellenbosh, fondée en 1866, la deuxième d'Afrique du Sud par l'ancienneté, comporte aujourd'hui plus de 27.000 étudiants.

Enfin, notons que l'université de Witwatersrand, situé à Johannesburg, forte de 28.500 étudiants a donné quatre prix Nobel : Aaron Klug, prix Nobel de Chimie en 1982, Nadine Gordimer, prix Nobel de Littérature en 1991, Nelson Mandela prix Nobel de la Paix en 1993 et Sydney Brenner prix Nobel de Médecine en 2002.

Musée de l'apartheid: dépôt d'un ouvrage d'archives par le Comité

Le Comité Français pour l'Afrique du Sud a déposé, le 20 mai 2011, au musée de l'apartheid de Johannesburg, une copie du livre publié en 1978 (Éditions l'Harmattan et Éditions Droit et Liberté) rassemblant les textes des sessions de la Commission d'enquête sur l'apartheid en Afrique du Sud, qui s'étaient tenues, à Paris, en 1976 et 1977.

"Cinq ans avec Mandela" de Joëlle Bourgois, Éditions Laffont, avril 2011

Madame Joëlle Bourgois, comme le rappelle Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature, fut davantage qu'un ambassadeur de France en Afrique du Sud pendant la période de transition (1991-1995). Témoin engagé et apprécié, elle apporta son soutien à l'action de Nelson Mandela et contribua aux changements conduits en Afrique du Sud.

Controverse sur un projet de loi en matière d'information

Après la discussion ouverte l'année dernière, une nouvelle controverse vise le projet de loi, relatif à la protection de l'information surnommé “Secrecy Bill”, susceptible d'être voté au mois d'août. Un expert en droit constitutionnel, Pierre de Vos, a expliqué que ce texte avait peu de chance de passer l'épreuve de la Cour constitutionnelle, sans de profondes modifications.

Les critiques font valoir notamment l'impact que la loi pourrait avoir sur l'ensemble de l'économie en remettant en cause le journalisme d'investigation.

La fondation Helen Suzman a émis, à nouveau, de vives craintes, à l'endroit de ce projet.

La fondation Nelson Mandela a suscité une médiation entre les autorités sud-africaines et les organisations opposées au texte.

Par ailleurs, la fondation NEPAD pour les entreprises a demandé un débat public.

La compagnie "Vice versa" rend hommage à Dulcie September

Au Collège Dulcie September d'Arcueil, le 10 juin 2011, a été remis, à un groupe d'élèves, le prix annuel Dulcie September des valeurs humaines, par l'Ambassadeur d'Afrique du Sud en France, S.Exc. Madame Dolan Msimang.

La compagnie « Vice versa » a ouvert cette cérémonie par un spectacle de danse intitulé « Chut ! », dans lequel chaque geste avait sa part d'émotion et d'espoir, alors qu'en toile de fond, par intermittence, des images d'archives étaient projetées, perçues comme des messages de non-violence.

Expositions

Johannesburg

Apartheid museum (Gold Reef Road, Ormonde) - exposition "Mandela"

Parmi les photos, vidéos, manuscrits et objets exposés illustrant le parcours de Nelson Mandela surgit la voiture Mercedes fabriquée gracieusement par des salariés de la célèbre firme et offerte à Nelson Mandela lors de sa libération.

Un symbole de la solidarité entre les peuples et les continents et peut-être aussi de réparation.

Alliance française (17 Lower Park Drive/Kerry rd, Parkview)

L'Alliance française, qui rappelons-le organise des cours de français adaptés à tous les niveaux, a présenté au mois de mai les toiles de l'artiste Ali Van Jaarsveld exécutés lors de voyages récents au Maroc.

Le Cap

National Gallery : "The Indian in Drum magazine in the 1950s"

La représentation de la vie quotidienne et de l'engagement de la communauté indienne de l'Afrique du Sud à travers les photographies publiées dans le magazine Drum dans les années 1950. Une contribution essentielle à l'histoire de la nation arc-en-ciel.

Alliance française (17 Lower Park Drive/Kerry rd, Parkview)

Paris

Musée du Jeu de Paume, (place de la Concorde, jusqu'au 25 septembre 2011)

L'œuvre photographique en noir et blanc de l'artiste Santu Mofokeng décline l'ambiguïté du monde. Apaisant et dérangeant. Santu Mofokeng est un maître incontesté de la photo sud-africaine.

Découvrir le patrimoine mondial de l'Afrique du sud

L'Afrique du Sud possède huit sites culturels ou naturels classés au patrimoine mondial par l'UNESCO :

  • - Le parc marécageux iSimangaliso dans le KwaZulu-Natal
  • - L'île de Robben où fut détenu Nelson Mandela
  • - Le Berceau de l'Humanité, provinces de Gauteng et du Nord-Ouest
  • - Le Parc uKhahlamba Drakensberg dans le KwaZulu-Natal
  • - Le paysage culturel de Mapungubwe, ancien domaine royal le plus important du sous-continent
  • - La Région Florale du Cap
  • - Le Vredefort Dome, lieu d'impact d'une gigantesque météorite tombée il y a 2 milliards d'années
  • - Le paysage culturel et botanique du Richtersveld, la région du peuple Nama

Newsletter 03/11

Les enjeux démocratiques en filigrane du sommet France-Afrique du Sud des 2 et 3 mars 2011 à Paris

Les deux chefs d'État, Nicolas Sarkozy et Jacob Zuma se sont rencontrés à Paris sur un ordre du jour chargé. La réforme du système monétaire international, la régulation du prix des matières premières, le renouvellement des sources d'énergie en constituaient les principaux chapitres. Une coopération plus étroite a pu être lancée sur ces points.

Mais en filigrane des débats, était présente la question de la gouvernance démocratique qui s'affirme dans plusieurs pays du sud de la méditerranée, notamment en Tunisie et en Egypte, et ce au péril de la violence armée, en Lybie.

À cet égard, à l'hôtel de ville de Paris, le maire, Bertrand Delanoë, a rappelé l'exemple donné par l'Afrique du Sud pour établir des mécanismes d'accompagnement de la transition démocratique.

Enfin, la conférence sur le climat qui se tiendra en Afrique du Sud, à Durban, au mois de décembre 2011, après celles de Copenhague en 2009 et de Rio en 2010, sera un enjeu majeur pour les deux pays qui entendent lutter contre les inégalités sociales qu'aggravent les changements climatiques.

Les changements climatiques à l'origine des inondations dramatiques survenues en France et en Afrique du Sud

La revue Nature de février 2011 met en cause les changements climatiques provoqués par l'émission de gaz à effet de serre.

La main de l'homme serait donc la cause première des catastrophes qui ont fait en France plusieurs dizaines de victimes, en 2010, dans les départements de la Vendée (au mois de février) et du Var (en juin). Les précipitations qui ont touché l'Afrique du Sud au mois de février 2011 ont provoqué le décès de plus d'une centaine de personnes.

Les précipitations qui ont touché l'Afrique du Sud au mois de février 2011 ont provoqué le décès de plus d'une centaine de personnes.

Toute l'Afrique australe a été atteinte par ces phénomènes pluvieux, sans précédent.

La revue Water Front de décembre 2010 avait déjà mis en lumière le lien entre le réchauffement de la planète et les inondations d'origine océanique ou provenant de pluies d'extrême intensité.

Disparition de Kobus Pienaar, directeur régional du Legal Resources Centre

Kobus Pienaar, décédé le 4 février 2011, a placé son exercice professionnel d'avocat au service des personnes dépossédées de leurs terres par les lois de l'apartheid.

Depuis 1994, il pouvait s'appuyer sur les droits inscrits dans la constitution pour assurer leur défense. Il ne ménageait pas ses efforts pour obtenir des résultats concrets et a honoré l'action du Legal Resources Centre dont il était le directeur régional au Cap.

Ce fut un acteur passionné, talentueux et efficace de la nouvelle Afrique du Sud.

« Cinq ans avec Mandela » de Joëlle Bourgois Éditions Laffont, avril 2011

Madame Joëlle Bourgois, ambassadeur de France en Afrique du Sud pendant la période de transition (1991-1995) apporte un témoignage vivant et de premier plan sur les négociations ayant conduit au démantèlement des institutions de l'apartheid.

Diplomate, elle eut l'occasion de travailler avec Nelson Mandela et avec les principaux responsables du changement conduit en Afrique du Sud.

Berlin 1885, la ruée sur l'Afrique de Joël Calmettes (DVD Arte)

L'excellent documentaire de Joël Calmettes diffusé sur la chaîne de télévision Arte le 23 février 2011 et disponible en DVD nous fait découvrir les débats de la conférence de Berlin de 1885 lors de laquelle les puissances coloniales se partagèrent le continent africain.

La conférence de Paris de 1919, organisée après le premier conflit mondial, confirmera le découpage de l'Afrique en zones d'influence, sans tenir compte du droit à l'autodétermination qu'elle avait énoncé et qu'elle appliquera exclusivement au profit des pays européens nouvellement créés.

La pêche en Afrique du Sud

La pêche est une activité privilégiée en Afrique du Sud, où la côte s'étend sur 3000 km, entre l'Océan Indien et l'Océan Atlantique, de la Namibie à l'Ouest au Mozambique à l'Est. C'est ce qui explique l'extraordinaire diversité de la faune et de la flore marine. On recense environ 10.000 espèces de plantes et d'animaux marins, correspondant à 15 % de la diversité mondiale des espèces marines. On y trouve également de nombreux lacs, fleuves et rivières, au sein d'un paysage montagneux protégeant les espèces sauvages.

Si la pêche a un rôle important en Afrique du Sud, elle ne représente que 1% du PNB. Les espèces les plus pêchées sont les anchois, les sardines, les merlus, les calmars et les langoustes du Cap, tandis que le thon, l'escolier et la sériole sont privilégiées à la ligne. La pêche de subsistance reste une activité répandue sur la côte, tandis que la pêche commerciale est en pleine expansion. Ainsi, la pêche subit depuis 1994 un processus d'industrialisation, et le secteur est dominé par une poignée d'entreprises leaders sur ce marché. La pêche artisanale doit donc être sauvegardée.

Il faut par ailleurs souligner que plus de 90% des espèces à prix élevé (langouste, calamar) sont destinées à l'exportation.

Enfin, pour éviter la surpêche, l'activité est soumise à des règles précises, établissant des quotas de pêche, des saisons de fermeture et fixant des taille à respecter pour la capture des poissons et des crustacés.

La pêche doit également être conciliée avec la protection de l'environnement. En effet, 23 % de la côte correspond à des zones maritimes protégées, dont 9 % sont totalement protégées, c'est-à-dire que la pêche y est complètement prohibée. De plus, elle crée des risques pour les espèces protégées migrantes comme les baleines, qui se retrouvent régulièrement prisonnières des filets de pêche. Ce thème est présent dans la conscience collective sud-africaine, où il existe depuis 2006 la South African Whale Disentanglement Network, ou SAWDN, une association de bénévoles, entraînés au sauvetage des baleines. Une opération de ce genre, très médiatisée, a été menée avec succès le 5 janvier 2011 par la SAWDN, avec l'aide du gouvernement.

Newsletter 08/10

Des chercheurs sud-africains mettent au jour l'efficacité chez les femmes de gels dans la lutte contre le sida

La conférence internationale sur le sida, qui s'est tenue à Vienne (Autriche), du 18 au 23 juillet, a révélé la découverte faite par deux médecins chercheurs de Durban, les docteurs Salim Abdool Karim et Quarraisha Abdool Karim du Centre de recherche Caprisa, sur les effets positifs de gels protecteurs chez les femmes.

Il s'agit d'une avancée importante qui permet, selon les tests pratiqués, pendant deux ans et demi auprès de 889 femmes, de réduire de 54% les risques d'infection par le VIH avec un usage régulier de gels vaginaux.

Ces résultats expérimentaux doivent maintenant être mis en application de manière rapide alors que le pays compte 5,7 millions de personnes contaminées par le VIH.

Le gouvernement sud-africain a prévu, à cet égard, de faire passer de 450 à 4.500 le nombre de cliniques et d'hôpitaux délivrant des antirétroviraux.

Le tribunal de la SADC se prononce à nouveau pour la restitution des terres confisquées par les autorités du Zimbabwee

Le tribunal de la SADC, l'organisation de la Communauté de développement de l'Afrique australe, a été mis en place en 2005.

Il siège à Windhoek (Namibie) et possède trois langues de travail : l'anglais, le portugais et le français.

Le tribunal a compétence pour les conflits entre États membres. En outre, les personnes physiques ou morales ayant un litige contre un État membre peuvent le saisir après épuisement des recours internes devant les juridictions de l'État membre concerné.

Le tribunal de la SADC avait ainsi rendu le 28 novembre 2008 une décision déclarant illégal le programme de confiscation de terres arrêté par le Zimbabwe, État membre de la SADC, au détriment de fermiers du Zimbabwe originaires notamment de Grande Bretagne.

Une seconde décision du 5juin2009 avait condamné le refus des autorités du Zimbabwe d'appliquer la décision du 28 novembre 2008.

Une troisième décision intervenue le 16 juillet 2010 a confirmé la violation par le Zimbabwe de ses obligations internationales tirées du traité de la SADC qui le lie juridiquement et a force de loi.

L 'ouvrage de Lewis Nkosi Mandela et moi

Roman traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Charlotte Woillez, Actes Sud

Fils d'un homme qui fait figure d'autorité dans son village et d'une femme convertie au christianisme, pétri de culture européenne et habité par les croyances et traditions ancestrales de son peuple, Dumisa voit son adolescence marquée par deux exaltations :un goût prononcé, voire obsessionnel, pour le badinage et le sexe, et une adoration inconditionnelle pour Mandela, l'homme qui promet la liberté au peuple noir d'Afrique du Sud, qui échappe à tous les pièges, qui incarne la virilité et l'audace. Truculente, drôle, décalée, cette fable éclaire d'un jour original un pan de l'histoire de l'Afrique du Sud. Si l'on y suit le parcours de Mandela de loin, et surtout au travers de la vénération puérile du héros, la réalité sud-africaine du milieu du XXe siècle est présente, en toile de fond : la violence ordinaire - familiale, rituelle ou politique - y est mise en scène sans fard, mais avec un humour enlevé. Ce récit de formation est aussi prétexte à découvrir la culture zouloue, dans son authenticité et dans ses contradictions.

Lewis Nkosi est né à Durban (Afrique du Sud) en 1936. Journaliste, il a enseigné la littérature dans différentes universités, de Londres à la Californie, de la Zambie à Varsovie. En 1960, quand il accepte une bourse d'études à Harvard, il sait que son départ signe son exil. De fait, il ne rentrera au pays qu'en 1991. Auteur de plusieurs essais consacrés à la culture et la littérature sud- africaines, de pièces de théâtre et de romans, il a reçu de nombreux prix littéraires. Il vit aujourd'hui à Bâle, en Suisse. En France, son roman Le Sable des blancs a paru une première fois aux éditions Balland en1986, puis aux éditions Dapper en 2002.

Oosthuizen remporte l'Open britannique de golf de St Andrews

Le sud-africain Louis Oosthuizen, 27 ans, né à Mossel Bay, vient de s'inscrire dans l'histoire du golf en gagnant le 18 juillet 2010 l'édition du 150ème british Open de St Andrews (Écosse).

Lors de la cérémonie de remise du prix, il a adressé ses vœux à Nelson Mandela dont c'était le jour anniversaire de ses 92 ans et a salué la carrière de son compatriote Gary Player qui l'a précédé dans cette compétition.

Newsletter 07/09

L'Afrique du sud réussit l'accueil de la Coupe des Confédérations de la FIFA

Son équipe des Bafana-Bafana a animé la compétition en atteignant les demi-finales. Avec la participation de six champions de six continents, celle de l'Italie, vainqueur de la Coupe du monde FIFA 2006, ainsi que celle du pays hôte, l'Afrique du Sud, cette grande fête du football a constitué un « échauffement » pour la Coupe du monde de la FIFA, Afrique du Sud 2010. La liste des pays participants incluait également l'Espagne, tenant du titre européen, ainsi que les États-Unis, l'Iraq, le Brésil, l'Égypte et le vainqueur de la Coupe des Nations de l'OFC, la Nouvelle-Zélande. La Coupe des Confédérations s'est achevée le 28 juin.

Quatre stades, plus ou moins anciens et ayant subi des travaux de rénovation plus ou moins importants, ont accueilli cette coupe. Ce sont : Ellis Park, Free State, Royal Bakofeng Stadium et Loftus Versfeld.

Outre ces quatre stades, six autres accueilleront la Coupe du monde 2010, dont cinq ont été construits spécialement pour cet événement mondial.

La première demi-finale a opposé le 24 juin l'Espagne et les États-Unis, qui ont constitué la grande surprise de cette coupe en gagnant 2-0.

La seconde demi-finale a opposé le 25 juin l'Afrique du Sud au Brésil, qui a gagné 1-0.

Le Brésil l'a emporté sur les États-Unis par un score 3-2 lors de la finale le 28 juin.

Barack Obama se rendra en Afrique du Sud pour la Coupe du Monde

Le Président des États-Unis a salué le Président Jacob Zuma, le 10 juillet 2009, à l'occasion du G8 en Italie (à l'Aquila).

Avant cette rencontre, il a exprimé son souhait d'être présent en Afrique du Sud en 2010 au moment de la Coupe du Monde.

Le discours de Barack Obama devant le parlement du Ghana à Accra le 11 juillet 2009 (extraits)

La gouvernance démocratique

"Across Africa, we have seen countless examples of people taking control of their destiny and making change from the bottom up. We saw it in Kenya, where civil society and business came together to help stop postelection violence. We saw it in South Africa, where over three quarters of the country voted in the recent election — the fourth since the end of apartheid. We saw it in Zimbabwe, where the Election Support Network braved brutal repression to stand up for the principle that a person's vote is their sacred right. "

"Make no mistake: history is on the side of these brave Africans and not with those who use coups or change Constitutions to stay in power. Africa doesn't need strongmen, it needs strong institutions. "

"America will not seek to impose any system of government on any other nation — the essential truth of democracy is that each nation determines its own destiny. What we will do is increase assistance for responsible individuals and institutions, with a focus on supporting good governance — on parliaments, which check abuses of power and ensure that opposition voices are heard; on the rule of law, which ensures the equal administration of justice; on civic participation, so that young people get involved; and on concrete solutions to corruption like forensic accounting, automating services, strengthening hot lines and protecting whistle-blowers to advance transparency and accountability. "

"America will not seek to impose any system of government on any other nation — the essential truth of democracy is that each nation determines its own destiny. What we will do is increase assistance for responsible individuals and institutions, with a focus on supporting good governance — on parliaments, which check abuses of power and ensure that opposition voices are heard; on the rule of law, which ensures the equal administration of justice; on civic participation, so that young people get involved; and on concrete solutions to corruption like forensic accounting, automating services, strengthening hot lines and protecting whistle-blowers to advance transparency and accountability. "

Le développement durable

"With better governance, I have no doubt that Africa holds the promise of a broader base for prosperity. The continent is rich in natural resources. And from cell phone entrepreneurs to small farmers, Africans have shown the capacity and commitment to create their own opportunities. But old habits must also be broken. Dependence on commodities — or on a single export — concentrates wealth in the hands of the few and leaves people too vulnerable to downturns. "

"In Ghana, for instance, oil brings great opportunities, and you have been responsible in preparing for new revenue. But as so many Ghanaians know, oil cannot simply become the new cocoa. From South Korea to Singapore, history shows that countries thrive when they invest in their people and infrastructure; when they promote multiple export industries, develop a skilled work force and create space for small and medium-sized businesses that create jobs. "

La protection de la santé publique

"Just as governance is vital to opportunity, it is also critical to the third area that I will talk about — strengthening public health. "

"In recent years, enormous progress has been made in parts of Africa. Far more people are living productively with HIV/AIDS, and getting the drugs they need. But too many still die from diseases that shouldn't kill them. When children are being killed because of a mosquito bite, and mothers are dying in childbirth, then we know that more progress must be made. "

"Yet because of incentives — often provided by donor nations — many African doctors and nurses understandably go overseas, or work for programs that focus on a single disease. This creates gaps in primary care and basic prevention. Meanwhile, individual Africans also have to make responsible choices that prevent the spread of disease, while promoting public health in their communities and countries. "

"Across Africa, we see examples of people tackling these problems. In Nigeria, an interfaith effort of Christians and Muslims has set an example of cooperation to confront malaria. Here in Ghana and across Africa, we see innovative ideas for filling gaps in care - for instance, through E-Health initiatives that allow doctors in big cities to support those in small towns. "

"That is why my administration has committed $63 billion to meet these challenges. "

La résolution des conflits

"These conflicts are a millstone around Africa's neck. We all have many identities — of tribe and ethnicity; of religion and nationality. But defining oneself in opposition to someone who belongs to a different tribe, or who worships a different prophet, has no place in the 21st century. Africa's diversity should be a source of strength, not a cause for division. We are all God's children. We all share common aspirations - to live in peace and security; to access education and opportunity; to love our families, our communities, and our faith. That is our common humanity. "

"That is why we must stand up to inhumanity in our midst. It is never justifiable to target innocents in the name of ideology. It is the death sentence of a society to force children to kill in wars. It is the ultimate mark of criminality and cowardice to condemn women to relentless and systematic rape. We must bear witness to the value of every child in Darfur and the dignity of every woman in Congo. No faith or culture should condone the outrages against them. All of us must strive for the peace and security necessary for progress. "

"When there is genocide in Darfur or terrorists in Somalia, these are not simply African problems — they are global security challenges, and they demand a global response. That is why we stand ready to partner through diplomacy, technical assistance, and logistical support, and will stand behind efforts to hold war criminals accountable. And let me be clear: our Africa Command is focused not on establishing a foothold in the continent, but on confronting these common challenges to advance the security of America, Africa and the world. "

Conclusion

" You have the power to hold your leaders accountable and to build institutions that serve the people. You can serve in your communities and harness your energy and education to create new wealth and build new connections to the world. You can conquer disease, end conflicts and make change from the bottom up. You can do that. Yes you can. Because in this moment, history is on the move. "

Breyten Breytenbach: un sud-africain à Paris

Le poète sud-africain Breyten Breytenbach, d'origine afrikaner, fuyant l'absurde régime de l'apartheid, avait trouvé refuge à Paris en 1959, où il fut également peintre.

De son exil, il ne cessa ses critiques et tenta un retour militant en 1975 qui se solda par sept années de détention.

Son arrestation suscita, en France une large mobilisation d'intellectuels contre l'apartheid.

Libéré, Breyten Breytenbach initia les premières rencontres favorisant, à partir de Paris et de Dakar, la transition démocratique des années 1990-1994.

Aujourd'hui, son dernier livre, qu'il vient de présenter à Paris, nous dévoile un itinéraire de passeur entre l'Europe et l'Afrique.

Breyten Breytenbach, Le monde du milieu, Actes Sud, 220 pages.

Newsletter 02/11

Les langues de l'Afrique du Sud

Il est admis que le langage a commencé de se développer avec l'homo sapiens, il y a entre 170.000 et 200.000 années en Afrique, berceau de l'humanité.

La syntaxe qui structure le langage moderne serait apparue progressivement entre 90.000 et 60.000 années avant notre ère. Toutefois, des périodes plus anciennes sont depuis peu envisagées pour retracer les étapes de l'histoire du langage.

La création du langage sur le continent africain donne un prix particulier aux langues qui y sont parlées depuis de nombreux millénaires.

La constitution sud-africaine, en son article 5 a ainsi reconnu les neuf langues africaines présentes sur le territoire et qui n'avaient aucune existence juridique avant 1994. Elles ont acquis le statut de langue officielle au même titre sur celles d'origine européenne l'anglais et l'afrikaans (issu du hollandais) qui étaient auparavant les seules à en bénéficier.

En outre, les langues les plus anciennes (khoi, Nama, San) font l'objet d'une protection spécifique, notamment par leur enseignement et la diffusion de dictionnaires; un organe spécifique le « Khoi and San National Language body » a été fondé à cet effet en 1999.

Entre 10.000 et 20.000 personnes appartien¬nent à ces cultures qui ont été menacées d'extinction et ont failli disparaître avec la colonisation européenne.

L'on doit à ces cultures, dont les représentants ont été mentionnés souvent de manière péjorative sous le nom de « bushmen », en particulier les magnifiques peintures rupestres de l'Afrique du Sud réparties sur plus de 2.000 sites.

Les neuf langues africaines officielles sont toutes d'origine bantoue et trouvent leurs racines notamment dans la partie ouest du Congo, ce qui rattache l'Afrique du Sud à une famille linguistique majeure du continent.

Au sein de celles-ci, deux groupes importants se distinguent : les langues Ngnuni (IsiZulu, IsiXhosa et IsiNdebele) et les langues shoto (Setswana, Sesotho sa Leboa et Sesotho).

Relevons qu'en Afrique du Sud, pays du Commonwealth, l'anglais domine dans le monde des affaires.

Pour sa part, le français, longtemps restreint à une élite se référant aux grands auteurs de la littérature française est aujourd'hui regardé comme incontournable en vue d'établir de nouvelles relations avec l'Afrique franco¬phone dans les domaines économiques, institutionnel et culturels.

La protection sociale en Afrique du Sud

L'État sud-africain a créé, depuis 2004, un système de protection sociale pour les personnes les plus démunies qui concrétise un engagement inscrit dans la constitution de 1996.

Sur fonds publics, sont accordées des aides aux personnes âgées, aux personnes handicapées, aux anciens militaires et aux enfants et mineurs de moins de 18 ans.

Un organisme spécifique, le « South African Social Security Agency » ou SASSA gère l'allocation de ces aides sociales perçues par 14.464.521 bénéficiaires.

Le budget annuel de 10 milliards d'euros représente 3,40% du PIB sud-africain.

C'est donc un large mécanisme de solidarité et de redistribution qui a été mis en place, même s'il s'agit d'aides correspondant à un revenu minimum (1.080 rands soit 117 € par mois pour les personnes âgées ou handicapées).

Le photographe David Goldblatt à Paris

Le grand photographe, critique des années de l'apartheid, David Goldblatt expose ses œuvres à Paris, à la fondation Henri Cartier-Bresson (2, impasse Lebouis – Paris 14ème) jusqu'au 17 avril 2011.

Ses photographies qui embrassent la période 1950-2010 portent un regard doux-amer sur la ville de Johannesburg à laquelle il reste profondément attaché.

Sommet franco-sud-africain à Paris

Les Présidents sud-africain et français doivent se rencontrer à Paris au début du mois de mars 2011. Il s'agit d'une visite d'État en France du Président Jacob Zuma.

Cette rencontre a lieu alors que la question de la gouvernance démocratique et des libertés fondamentales en Europe et en Afrique se pose avec une grande acuité.

Nouvelles découvertes sur l'histoire humaine du continent africain

Selon la revue Science, l'homme moderne, né sur le continent africain il y a 200.000 ans, l'aurait quitté en réalité par deux itinéraires.

Il était acquis que le départ de l'Afrique s'était produit, en suivant le Nil, pour rejoindre ensuite les régions du Moyen-Orient.

Une autre voie vient d'être découverte.

Elle aurait traversé, il y a plus de 125.000 ans, le sud de la péninsule arabique. Un passage à pied, alors possible, au niveau de l'actuelle ville de Djibouti, aurait permis ce second itinéraire.